Actualité de l'acoustique

A l’école, le silence est d’or et surtout très rare

Qui n’a jamais été excédé par le bruit à l’école ? Des solutions existent, parfois même très simples à mettre en place.
Article écrit par
MARIE THIEFFRY
May 3, 2019

La pollution sonore à l’école fait l’objet d’une question parlementaire posée en Commission de l’Education. Des solutions existent, parfois même très simples à mettre en place.

Qui n’a jamais été excédé par le bruit à l’école ? », glisse le professeur Vincent Stefanutti en fermant la porte de la salle Décibelle sur les bruits du couloir de l’athénée royal Gatti de Gamond. Dans ce petit local tapissé de coussins et de rideaux aux murs comme au sol, le silence est roi. Ouverte il y a un an, Décibelle accueille tous les jours après le dîner une quinzaine d’élèves qui préfèrent les jeux dans le calme et une petite séance de méditation aux bruits et à l’animation de la cour de récréation. « Depuis le début, le succès est au rendez-vous, ajoute ce professeur qui a porté le projet avec cinq autres de ses collègues, aidés par l’ASBL Empreintes. Tous les midis, c’est un membre du personnel différent qui encadre les élèves. Même si c’est avant tout pour eux que nous l’avons mise en place, tout le monde profite de cette bulle de calme… »

Source : Le Soir, 12 jan. 2019

Pour cet athénée de plus de 250 élèves, situé en plein centre de la capitale, le bruit est un élément quotidien. Dans les écoles de la ville, les chiffres mesurés dans les classes par Bruxelles Environnement oscillent entre 60 et 76 décibels (dB) pendant la durée des cours et entre 71 et 86 dB au réfectoire comme dans la salle de gym. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise un niveau de bruit de fond maximum de 35 dB dans les classes et établit le seuil nuisible à 85 dB. « Mais attention, on parle d’un seuil qui devient dangereux pour nos oreilles sur une période de huit heures, nuance Marie Poupé, responsable du Plan bruit à Bruxelles Environnement. Les normes de l’OMS sont particulièrement basses et ne représentent pas la diversité des infrastructures scolaires et leur population. L’école est un cadre de vie très bruyant, tant pour les professeurs que pour les élèves. Mais même à la récréation, on n’atteint pas de tels niveaux sur une durée pareille. »

Source : Le Soir, 12 jan. 2019

Une notion subjective

Peu d’études attestent des liens entre nuisance sonore et effets sur la santé. « Les seuils de tolérance varient d’une personne à une autre, explique Benoît Galand, professeur à la faculté de psychologie et des sciences de l’éducation à l’UCLouvain. La gêne est une notion subjective qui ne dépend pas que du niveau sonore. Tout dépend de notre état de fatigue, de notre moral, du moment de la journée… Certains enseignants peuvent être très vite irrités après une journée de classe avec la surveillance du réfectoire alors que d’autres ont développé une forte tolérance au bruit. » Même constat pour les élèves. Benoît Galand observe pourtant des effets sur la concentration, sur les troubles de l’apprentissage ainsi que sur des sentiments plus profonds comme l’abandon ou l’agressivité. « Mais c’est sur le comportement que les effets sont les plus visibles : des enfants subissent la cour de récréation, des professeurs doivent forcer leur voix… Cette accumulation crée un sentiment d’usure et de la fatigue mentale et physique. »

En réponse à la question posée par la députée Ecolo Barbara Trachte fin décembre, la ministre de l’Education Marie-Martine Schyns (CDH) a confirmé que la réduction du bruit fait bien partie de ses préoccupations. « Mais les bâtiments scolaires ont longtemps été mal construits et isolés, ajoute Marie Poupé. Ces éléments sont encore peu pris en considération. Les infrastructures, les élèves, les installations comme la climatisation ou des distributeurs de boissons… Tout peut venir augmenter le temps de réverbération, qui caractérise l’écho dans un local. Plus il est élevé, plus le message porté par le professeur est difficile à comprendre et plus ce dernier se sentira obligé de forcer sa voix. » Multiplier les surfaces absorbantes ou végétaliser les espaces extérieurs sont des solutions déjà adoptées par certains établissements et valorisées par la FWB. Des mesures renforcées dans le cadre du Plan bruit qui prévoit un cadre d’accompagnement acoustique pour la rénovation des écoles bruxelloises et qui devrait entrer en vigueur le mois prochain dans la capitale.

Source : A l’école, le silence est d’or et surtout très rare - Article publié le 12 jan. 2019 dans le journal Le Soir - Vers l'article

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